DIEU OU CESAR - LA QUESTION DE LA DOUBLE NATIONALITE

DIEU OU CESAR - LA QUESTION DE LA DOUBLE NATIONALITE

L’évangile d’aujourd’hui nous parle de notre double nationalité : nous sommes des citoyens de ce monde, d’un état particulier, d’une patrie bien délimitée, mais nous sommes aussi citoyens du ciel. Nous appartenons entièrement à Dieu.

Pour cela nous sommes appelés à respecter certainement les nécessités de l’ordre social mais surtout à nous souvenir que notre personne, cors et âme est totalement faite pour Dieu et pour sa loi. Ce que nous devons rendre à Dieu est donc bien plus grand que ce que nous devons rendre à l’autorité légitime du gouverneur.

Cette parole de Jésus alors ne peut pas être réduite à son seul domaine politique. La mission de l’Église, comme celle du Christ, consiste essentiellement à parler de Dieu dans ce monde, à faire mémoire de sa puissance souveraine, de sa primauté, de sa royauté, à rappeler à tous, en particulier aux chrétiens qui ont égaré leur identité, le droit de Dieu sur ce qui lui appartient, c’est-à-dire notre vie.   

Or, le pouvoir humain, civil et politique, a toujours tendance à exiger une soumission qui dépasse sa propre compétence. L’idéologie politique est maitresse de manipulation.  

Le Catéchisme nous invite à défendre les droits de la conscience. Je cite : « Le citoyen est obligé en conscience de ne pas suivre les prescriptions des autorités civiles quand ces préceptes sont contraires aux exigences de l’ordre moral, aux droits fondamentaux des personnes ou aux enseignements de l’Evangile. Le refus d’obéissance aux autorités civiles, lorsque leurs exigences sont contraires à celles de la conscience droite, trouve sa justification dans la distinction entre le service de Dieu et le service de la communauté politique. "Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu" (Mt 22, 21). "Il faut obéir à Dieu plutôt quʼaux hommes" (Ac 5, 29) ».

Donc il faut faire attention avec l'interprétation faite parfois de ce texte biblique en disant que l'Église ne doit pas se "mêler des questions politiques et sociales", mais s'occuper uniquement du culte. Mais cette interprétation est fausse, car s'occuper de Dieu n'est pas seulement s'occuper du culte, mais se préoccuper également de la réalité sociale des hommes, qui sont des fils de Dieu. Prétendre que l'Église doit rester seulement dans les sacristies, qu'elle ferme les yeux et les oreilles et demeure en silence face aux problèmes d'ordre moral et humain de notre époque provoqué par les idéologies politiques, est, en effet, enlever à Dieu ce qui est à Dieu. «Une tolérance qui accepte Dieu uniquement en tant qu'opinion privée, mais qui l'enlève du domaine public (…) n'est pas tolérance, mais hypocrisie» (Benoît XVI).

Bon dimanche. P. Silvio Moreno, ive

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